L'énergie solaire donne naissance à un nouveau courant d'entrepreneurs africains

Par Samsung Belgique 15.11.2016

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L'énergie solaire entrepreneurs africains

Près de 70 % de la population africaine (au sud du Sahara) n'a pas accès à l'électricité. Cela implique que des millions de foyers dépensent beaucoup d'argent pour acheter des générateurs, courent des risques en utilisant des lampes à pétrole dangereuses ou doivent se contenter d'un modeste feu. Mais une véritable lumière pointe au bout du tunnel… En effet, avec l'arrivée de l'énergie solaire en Afrique, plusieurs entrepreneurs du solaire distribuent de l'énergie sûre et propre tout en créant de l'emploi. Discover s'est entretenu avec quelques acteurs de cette économie émergente.

Maison éclairage

Au cours des cinq dernières années, Mobisol à Berlin est passé du statut de start-up à celui d ’ une multinationale comptant plus de 50 000 clients. Cette entreprise est en voie de fournir de l'électricité propre, fiable et abordable à des millions de foyers à faibles revenus peuplant les zones rurales d'Afrique. Discover s'est entretenu avec Paula Berning de Mobisol, qui a longtemps travaillé au Rwanda.

Elle nous parle ici depuis le siège de Berlin. «  Pour alimenter ces foyers en électricité fiable et durable, Mobisol a développé des systèmes basés sur l'énergie solaire. Ceux-ci sont proposés par le biais d'un microfinancement de 36 mois, via la téléphonie mobile. Ils sont donc aussi accessibles financièrement aux personnes à faibles revenus. Nous développons et livrons de plus grands systèmes d'énergie solaire pour la maison, afin que foyers et entreprises non seulement disposent de l ’ éclairage, mais puissent aussi utiliser plusieurs appareils - réfrigérateur, ordinateur, téléviseur, chaîne stéréo - ce qui améliorera leur qualité de vie.  »

Une toute nouvelle vie (en une heure) 

Lampe énergie solaire

«  Ce travail revêt une grande importance, car les foyers sans électricité sont freinés dans leur potentiel et dans leur productivité, ce qui, à son tour, entrave le progrès économique. Nous créons des produits suffisamment puissants pour fournir assez d'énergie aux petites entreprises et leur permettre de rester ouvertes le soir ou la nuit, par exemple. Certaines familles commencent même à créer de petites entreprises où les voisins peuvent recharger leur téléphone mobile moyennant une rémunération modeste. D ’ autres peuvent enfin diffuser de la musique dans leur bar, ce qui leur permet d'attirer davantage de clients et donc, de générer des revenus supplémentaires. Ce ne sont là que quelques exemples positifs parmi tant d'autres  » , explique Paula Berning.

Quels progrès cette entreprise a-t-elle déjà réalisés et comment favorisent-ils le changement dans la vie quotidienne des foyers ? Paula Berning : «  L'impact est énorme. Pour la première fois de leur vie, de nombreux foyers disposent maintenant d'un simple interrupteur. Nos techniciens n ’ ont besoin que d ’ une petite heure pour installer les ‘ plug-and-play solar systems ’ … qui changent immédiatement la vie quotidienne de ces familles. Grâce à ce panneau solaire, le nombre d'heures où l'on peut être productif, de quelque façon que ce soit, augmente considérablement. Les enfants peuvent faire leurs devoirs ou étudier le soir, et la famille peut se détendre en fin de journée en regardant la télévision ou en écoutant de la musique. Ils peuvent inviter des amis en soirée, ce qui enrichit incontestablement leur vie sociale.  »

NOTS Solar Lamps au Rwanda

energie solaire afrique

L'entreprise sociale NOTS Solar Lamps aide le Rwanda à remplacer toutes les lampes à kérosène par des lampes solaires. Le Volkskrant écrit que, grâce à cette évolution, le Rwanda fait figure de pionnier en matière d'énergie solaire en Afrique. Actuellement, il n'y a encore aucun pays africain où plus de 5 pour cent des foyers sont éclairés via l'énergie solaire. Au Rwanda, 45 pour cent des foyers doivent l'être d'ici deux ans, et 70 pour cent dans quatre ans.

Bart Hartman est la force motrice derrière NOTS. Il explique à Discover : «  Avec notre projet Bye Bye Agatadowa (c'est-à-dire Bye Bye les lampes à kérosène), nous faisons un grand bond en avant dans le domaine du solaire au Rwanda et par la suite dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne. La vie de plus d'un million de personnes s'en trouve ainsi grandement améliorée.  » Bart Hartman a abordé le président rwandais Paul Kagame alors qu'il était en visite aux Pays-Bas, et tout s'est alors enchaîné. Au Rwanda, seul un quart des 2,5 millions de foyers sont raccordés au réseau d'électricité et trois quarts ont une lampe à pétrole ou une bougie pour seul éclairage.

Les systèmes de NOTS se composent d'un panneau solaire, d'une lampe et d'un câble avec lequel on peut aussi recharger son téléphone mobile. Une petite radio peut également y être raccordée moyennant un supplément de 6 dollars. NOTS veille à ce que les foyers ne remboursent pas plus par mois (le système coûte 40 dollars) que ce qu'ils déboursent actuellement pour le pétrole et la recharge de leur téléphone. En effet, cette recharge doit à présent s'effectuer ailleurs, contre rémunération.

Que feriez-vous sans éclairage ?

Un autre acteur majeur en matière d'énergie solaire dans le monde, mais très certainement aussi en Afrique, est WakaWaka . Nous créons des produits qui sont pratiques pour nous en vacances ou sur la route, mais qui représentent une nécessité dans les pays en voie de développement et les régions en crise. L'un des fondateurs est Camille van Gestel. Dans une conférence qu'il a donnée il y a quelques années pour TEDx, il posait la question : «  Que feriez-vous si vous aviez chaque jour 3 heures en moins ? Chaque jour pour le restant de votre vie. Travailleriez-vous moins ? Pourriez-vous gagner suffisamment d'argent pour subvenir aux besoins de votre famille ?  » Il explique que dans les pays en développement, les gens sont contraints de consacrer 25 % de leurs revenus à l'éclairage. Beaucoup ne peuvent pas ou ne veulent pas consacrer une part si énorme de leurs revenus à l'éclairage… et passent donc leurs soirées dans le noir ou utilisent un éclairage dangereux comme des lampes à kérosène ou des bougies. Emma Olde Bijvank de WakaWaka : «   1,2 milliard de personnes dans le monde vivent sans accès à un éclairage ou à du courant sûrs. Ces dernières années, le prix de la technologie solaire, des batteries et des lampes LED a fortement baissé. Dans les régions sans accès au réseau d'électricité, le solaire apporte une solution.  »

WakaWaka fabrique des chargeurs portables et des lampes fonctionnant à l'énergie solaire. Une journée de soleil africain et le WakaWaka Power + offrent jusqu'à 150 heures d'autonomie d'éclairage, ou suffisamment de courant pour une recharge complète d'une batterie de smartphone. «  En Afrique, WakaWaka a introduit un système ‘ pay-as-you-go ’ . Après paiement d'une caution, les familles et micro-entrepreneurs peuvent utiliser le WakaWaka, adapté avec écran et clavier. Chaque semaine, le WakaWaka peut être activé via l'achat d'une carte à gratter, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus  » , explique Emma Olde Bijvank. Chaque WakaWaka vendu en Europe et en Amérique du Nord améliore la disponibilité de l'éclairage et de l'électricité dans les pays en voie de développement et les régions en crise.

Toutes les entreprises précitées s'efforcent de mettre un terme à la précarité énergétique en proposant des solutions énergétiques durables aux pays en voie de développement – et cela, dans le but d'offrir une vie meilleure aux foyers, notamment en Afrique. De nombreuses familles peuvent ainsi jouir du «  luxe  » d'un éclairage sûr – un luxe qui est pour nous tout à fait normal.  

Photos : Mobisol et NOTS Solar Lamps