Construire une carrière « tech » aux Etats-Unis : par où commencer ?

Par Samsung Belgique 10.10.2016

Mode de vie Technologie & innovation

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S’établir aux Etats-Unis, et plus particulièrement dans la Silicon Valley, pour construire sa carrière représente un rêve ultime pour pas mal de professionnels du monde de la technologie. Mais comment s’y prendre ? Par où commencer ? Notre journaliste Kim Verhegge a glané quelques conseils auprès de Grégory Fryns, un jeune ingénieur civil en informatique diplômé de l’Université de Liège, venu chercher une carrière stimulante et bien entendu aussi de soleil dans la région de Palo Alto.

Grégory, tout d'abord, peux-tu nous dire pourquoi tu as décidé de venir tenter ta chance dans la Silicon Valley?

Cela s'est fait un peu sur un coup de tête. Après avoir obtenu mon diplôme à Liège je suis parti travailler à Bruxelles en tant que consultant. En 2009, j'ai eu l'opportunité d'effectuer un projet à Nice, dans le sud de la France. Mais au bout de 5 ans là-bas je commençais à ressentir l'envie de bouger et de changer de travail. En parallèle, ma future femme est partie faire de la recherche à l'Université de Stanford en 2013. J'ai tout de même mis quelques mois à me rendre compte de l'évidence : d'un côté je m'ennuyais dans mon travail malgré mon diplôme d'ingénieur en informatique, et de l'autre ma copine vivait à l'autre bout du monde, dans la Silicon Valley. Le choix était assez simple. En quelques mois nous avons effectué toutes les démarches administratives – y compris un mariage à Las Vegas dans les règles de l'art – pour me permettre d'obtenir un visa et d'aller la rejoindre.

On imagine facilement que la recherche d'un travail, dans l'univers tech en Californie, est bien différente de ce qu'on peut connaître chez nous. Comment cela s'est-il passé pour toi ? Et quelles sont les plus grandes différences que tu as pu remarquer par rapport à la mentalité européenne ?

En effet, la recherche de travail est sensiblement différente ici. Je suis arrivé ici la fleur au fusil, pensant que mon diplôme m'ouvrirait toutes les portes. Au final, j'ai mis un an à parcourir les forums et éplucher les annonces sur internet. Cependant je ne pense pas que le problème venait de mon diplôme mais plutôt de ma situation, et surtout de mon visa peu commun. Beaucoup d'entreprises semblaient frileuses à l'idée d'embaucher quelqu'un qui n'avait jamais travaillé en Amérique. Et il y avait également une grosse différence culturelle dans la façon de se présenter. Je suis d'un naturel plutôt réservé – même pour un européen – , ce qui devait fortement contraster avec les autres postulants de la région où la tendance est plutôt à surjouer la confiance en soi. Heureusement j'ai bénéficié de l'aide de l'Université de Stanford pour m'aider à revoir mon CV et à me préparer aux entretiens pour mettre toutes les chances de mon côté.

tech portret

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton poste actuel et la boîte pour laquelle tu travailles ?

Actuellement, je travaille pour Capriza, une société d'un peu plus de 100 personnes basée à Palo Alto. Nous offrons un produit qui permet aux entreprises de créer elles-mêmes des applications pour smartphones et tablettes à partir de leurs solutions d'entreprises basées sur des interfaces web : SAP, Oracle PeopleSoft, SalesForce … tout ce qui peut se consulter avec un navigateur internet, en fait. J'occupe un poste de Customer Success Engineer. Sous ce joli nom, je fais en somme office de consultant technique pour nos clients : je les aide à tirer le maximum de notre produit grâce à mon expertise technique. En plus de cela, ma relation étroite avec les clients me permet de partager avec les product managers une expérience « du terrain » qui leur permet de définir quelle sera la direction à donner au produit pour la suite.

Travailler dans ce secteur dans une région telle que la Silicon Valley fais rêver plus d'un « tech entrepreneur » . Cela semble être un environnement terriblement stimulant. De ton expérience personnelle, quelles sont les choses qui te plaisent le plus dans la façon US de travailler ? Et quelles sont celles qui demandent une certaine adaptation ?

Je confirme que l'ambiance de travail est totalement différente ici de ce que j'ai pu vivre à Bruxelles ou à Nice. En Europe j'ai travaillé pour des grosses entreprises de plusieurs dizaines de milliers d'employés où la vie était plutôt calme. Ici tout va plus vite et on sent que notre travail a une influence directe sur la santé de la société. Il y a bien évidemment une grande part de stress associée à cela, mais en contrepartie on se sent beaucoup plus valorisé. On sait pourquoi on se lève le matin et on le fait avec entrain, d'autant plus que cet état d'esprit est partagé par tous les employés. En contrepartie, la frontière entre vie privée et vie professionnelle est plus floue voire même inexistante. Tout le monde reçoit ses emails professionnels sur son téléphone personnel et le nombre de jours de congés contraste fortement avec ce que j'ai pu connaître en France. Au final je suis heureux de vivre cette aventure en tant que trentenaire en bonne santé, mais je ne me vois pas finir ma carrière sur ce rythme.

As-tu un conseil particulier à donner aux personnes qui, comme toi, souhaitent venir tenter leur chance aux États-Unis et plus particulièrement dans la Silicon Valley ? Des atouts qu'ils peuvent faire valoir ? Des choses qu'ils doivent à tout prix éviter ?

Tout d'abord il faut bien se préparer au niveau administratif. S'assurer d'avoir un visa qui permet de travailler aux Etats-Unis. Ou, encore mieux, avoir de la chance et décrocher une green card à la loterie. Il y a un tirage au sort chaque année. Le site internet de l'Ambassade des Etats-Unis en Belgique contient une foule d'informations très utiles à ce propos. Niveau travail, il est utile de commencer à parcourir les offres d'emploi au préalable. Cela permet de voir quels profils sont recherchés et s'assurer que votre diplôme attisera bien la convoitise de potentiels employeurs. Il est également utile de commencer à revoir son CV – et, bien entendu, le traduire en anglais! – et écrire des ébauches de lettres de motivation en se basant sur les standards de la région. Et, pourquoi pas, commencer à se faire la main en commençant à postuler depuis l'Europe … beaucoup d'employeurs acceptent de passer des premiers entretiens par Skype. Il faudra parcourir les petites annonces sans relâche pour trouver un logement adéquat à un prix convenable, ce qui n'est pas forcément aisé lorsque l'on n'est pas sur place. Pour les personnes qui, comme moi, n'ont pas trouvé de travail avant d'arriver dans la région il faudra s'attendre à voir fondre ses économies : la vie dans la Silicon Valley est très (très!) chère. Mais une fois que tout se précise, je n'ai plus qu'un conseil : ne plus trop réfléchir et se lancer.