Wearables on brainwaves : des vêtements connectés à nos émotions

Par Samsung Belgique 08.11.2016

Mode de vie Technologie & innovation Mode

Wearables on brainwaves

Les neurowearables sont la preuve que la technologie n'est jamais bien loin de l'individu. Même si c'est encore de la fiction, ceux qui ont été un peu attentifs en regardant les films X-Men savent que la puissance de la pensée – nos ondes cérébrales ou brainwaves – permet de faire beaucoup de choses. Relier nos pensées et nos émotions à nos vêtements ? C'est là une vision de l'avenir qui ne cesse de gagner en réalisme.

Technologie EEG

Les neurowearables reposent sur la technologie EEG. EEG est l'abréviation du terme compliqué «  électorencéphalographie  » , une technologie fréquemment appliquée en médecine et en neuropsychologie qui consiste à surveiller l'activité du cerveau à l'aide d'électrodes. Dans l'univers de la mode, cette technologie est souvent reliée à l'aspect cinétique ; les ondes cérébrales commandent le mouvement du vêtement.

Tout cela semble être de la pure science-fiction, car c'est un domaine encore largement expérimental. Les exemples suivants montrent que nous serons peut-être bientôt davantage connectés à nos vêtements, bien au-delà de ce que nous croyons possible aujourd ’ hui.

Wearable de Jasna Rok – Fashion On Brainwaves

La jeune Flamande Jasna Rokegem a fait ses études à la Willem de Kooning Academie à Rotterdam et s'est spécialisée dans les innovations technologiques combinées à la mode. Avec son projet «  Fashion On Brainwaves  » , Jasna Rok (son nom de créatrice) a étudié comment nos pensées et nos émotions peuvent être en interaction avec nos vêtements : «  Le projet montre comment nos émotions peuvent être transformées en un vêtement en traduisant nos ondes cérébrales dans un morphing fashion design. Ce morph est comme une seconde peau, une peau qui enveloppe le cerveau. De plus, c'est une manière d'examiner comment l'esthétique et l'idéal de beauté sont influencés par la chirurgie cosmétique. Appliquez cela à la mode et à l'expression de soi et vous verrez naître une nouvelle manière de communiquer.  »

D'après Jasna Rok, l'objectif est de nous améliorer au moyen des nouvelles technologies ou wearables et d'aboutir ainsi à une langue universelle artificiellement intelligente. La créatrice utilise aussi d'autres technologies dans son travail, comme la 3D et la réalité virtuelle.

Wearable de Birce Özkan & Betty Quinn – Enlightenment

Originaire d'Istanbul, la designer Birce Özkan est titulaire d'un Master in Design & Technology de la Parsons School of Design à New York, où elle donne actuellement un cours sur les matières interactives. Son travail se concentre sur la mode, mais aussi sur la nature et l'art. Elle pense que ses créations interactives innovantes ouvrent nouveaux horizons pour des créations fashion-tech qui ne poursuivent pas seulement un but fonctionnel, mais qui peuvent aussi être considérées comme des pièces artistiques, performatives et expressives.

Avec l'Interaction Designer / New Media Artist Betty Quinn , elle a mis sur pied le projet «  Enlightenment  »  : une jupe confectionnée main qui se compose de deux servomoteurs cachés, entraînés par une microchip Arduino fixée à des imitations d'ailes de papillon ; celles-ci reçoivent les données du casque EEG NeuroSky. Le capteur EEG mesure les niveaux de méditation, ce qui active les servomoteurs ; plus l'état méditatif du porteur est élevé, plus les ailes de papillon battent rapidement. La responsivité d'Enlightenment traduit l'état invisible de calme et de paix dans le mouvement rythmique des ailes d'un papillon.

Wearable de Nayana Malhotra – Neurocouture

Neurocouture

«  Wear what you think. Neurocouture est un tissu digital commandé par les ondes cérébrales. Les motifs du vêtement réagissent aux émotions changeantes d'amour, de colère et de tristesse en fonction de l'humeur du porteur. Le tissu traduit et visualise des données insaisissables, inaccessibles et très personnelles. Neurocouture relie la mode et l'expression de soi à un niveau supérieur et élargit les possibilités de la technologie des wearables.  »

Nayana Malhotra a été la première Fashion Tech Designer à participer à la présentation de la collection automne-hiver 2016 de VFILES durant la New York Fashion Week en septembre dernier. Ses créations sont des parkas blancs basiques en forme de poncho équipés d'un système EEG. Les données mesurées via le système sont analysées par un ordinateur situé à proximité, qui les traduit et les trie en humeurs de base comme l'amour, la colère et la tristesse. Ces humeurs sont ensuite transformées en un GIF assorti, qui est projeté sur le parka. Pourquoi un GIF ? «  Le caractère graphique et répétitif du GIF en fait un bel outil qui gagne en importance. C'est un morceau de contenu animé et en même temps un objet culturel  » , a expliqué la créatrice dans une interview avec Dazed Digital.

Hussein Chalayan et Intel ®

Hussein Chalayan photo

Photo : Intel

Hussein Chalayan est l'une des figures bien établies de la mode internationale, qui n'a pas peur d ’ associer mode et technologie dans ses collections. Durant la Fashion Week de Paris qui s'est tenue récemment, il a présenté sa collection printemps-été 2017 , pour laquelle il a utilisé des neurowearables. En collaboration avec Intel, il a développé des lunettes de soleil intégrant trois capteurs de données : un capteur contenant des électrodes EEG, un qui mesurait et enregistrait les variables de la fréquence cardiaque, et un micro qui enregistrait la respiration. Ensemble, ces capteurs pouvaient indiquer le niveau de stress du porteur en temps réel. Les données étaient transmises via Bluetooth à une ceinture – également développée par Intel – , après quoi elles étaient traduites en visuels qui étaient projetés sur les murs (par des projecteurs Pico intégrés dans la ceinture), là où les modèles défilaient. Les visuels projetés étaient destinés à aider le porteur à prendre conscience de son niveau de stress et à le modifier directement – par exemple au moyen de techniques de respiration.

Aussi bien pour le créateur que pour Intel ® , il s'agissait de wearables expérimentaux qui servaient d'objets d'étude : «  Notre objectif ultime avec les wearables est d'améliorer la vie humaine  » , explique Sandra Lopez, vice-présidente du New Technology Group d'Intel. Pour Hussein Chalayan, c'était là un beau défi qui s'est avéré très gratifiant : «  Je travaille sur la technologie des wearables depuis de nombreuses années déjà. C'est très important pour moi de plancher sur des idées qui se rapprochent au maximum d'un vrai produit, mais qui continuent en même temps à me mettre au défi.  » Dans le sillage de la Fashion Week de Paris, les cinq objets d'étude repris dans la collection seront également présentés dans le cadre de l'exposition Fear and Love: Reactions to a Complex World qui se tiendra en novembre au Design Museum de Londres.