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Quatre métiers clefs pour exploiter les données en entreprise

Tout sur les métiers de la data !

30/10/2017

Sébastien Dumoulin | Le 10/05 à 11:17

Les experts de la « data » sont très prisés des recruteurs

Pour se lancer dans des projets « Big data », c'est à dire exploiter des volumes de données considérables et variés pour mieux analyser les attentes des clients, optimiser son fonctionnement ou encore imaginer de nouvelles formes de business, des nouveaux métiers ont émergé.

« Data scientist », le roi des statistiques prédictives

Qualifié dès 2012 par la « Harvard Business Review » de « job le plus sexy du XXIe siècle », le titre de data scientist est si recherché que de nombreux étudiants n'hésitent pas à s'en prévaloir sur leur CV, sans que ce soit toujours mérité. Certains recruteurs font donc passer des tests à leurs candidats pour vérifier qu'ils maîtrisent les outils informatiques et statistiques : connaissent-ils JavaScript ? Et le connecteur Python, qui permet de récupérer des données sur Twitter ? Ou encore les fonctions d'activation d'un réseau de neurones ? Il faut aussi que les candidats soient à même de s'adresser aux opérationnels dans l'entreprise, de comprendre leurs problèmes. Ensuite seulement, ils pourront interroger les données pour trouver des solutions nouvelles. « Si l'on construit un modèle parfait qui nous apprend que, quand il pleut, les trottoirs sont mouillés, ça n'a aucun intérêt », résume Samir Amellal, chief data officer chez Publicis.

Architecte Big Data, le plombier de la donnée

En amont de tous les métiers de la donnée, l'architecte Big Data met en place les récipients et tuyaux virtuels qui vont permettre à son entreprise de stocker d'énormes volumes de données, mais aussi de les manipuler facilement et avec des temps de traitement les plus courts possible, ou encore de les solliciter pour créer des tableaux de suivi à l'intention des opérationnels. Les technologies dédiées au Big Data (Hadoop, Spark, NoSQL) n'ont pas de secret pour cet informaticien au profil particulièrement technique. Sa fonction reste néanmoins identique à celle d'un architecte de systèmes d'information traditionnels. Elle consiste à mettre en place une structure informatique correctement dimensionnée en fonction des besoins, stable et à un coût raisonnable. Puis à s'assurer que les nouveaux formats de données qui apparaissent s'intègrent bien à l'ensemble.

« Chief data officer », le chef d'orchestre de la donnée

A mesure que les « data scientists » font leur arrivée dans les entreprises, le besoin d'une strate d'encadrement se fait jour. Non seulement pour coordonner des équipes qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de personnes dans les grands groupes, mais surtout pour ­diffuser la bonne parole dans l'entreprise et ­convaincre les opérationnels de collaborer en bonne intelligence avec ces nouveaux venus. Récemment arrivés et menaçant de tout ­chambouler, les experts de la donnée ne sont, en effet, pas toujours accueillis à bras ouverts. « Le CDO est avant tout un diplomate, souvent un ancien ingénieur mais pas forcément un ancien "data scientist" », fait valoir Jérémy Harroch de Quantmetry. Et pour cause, si les profils de « data ­scientists » juniors sont rares, ceux de « data scientists » seniors capables de prendre la ­direction d'équipes sont quasi inexistants. Là, la surenchère bat son plein, avec de jeunes ­trentenaires rémunérés plus de 100.000 euros brut annuels.

« Data protection officer », le garant de la légalité

La loi est dure, mais c'est la loi. Et, en matière de respect des données personnelles ­collectées par les entreprises, elle est sur le point de se corser sérieusement. Un nouveau règlement européen adopté fin avril rend ­obligatoire à partir du 25 mai 2018 la nomination d'un « data protection officer » (DPO) dans les organisations gérant de gros volumes de données personnelles. La ­fonction ressemble à celle des correspondants informatique et libertés (CIL) que les entreprises peuvent depuis plusieurs années intégrer dans leurs équipes pour tenir un registre des données collectées et assurer qu'elles sont correctement constituées, gérées et éventuellement effacées. Sauf que là où son prédécesseur, facultatif, servait essentiellement à obtenir un label de la CNIL, le DPO, obligatoire, « va devoir être rattaché au Comex par exemple et sera désigné sur des critères de compétences avancées à la fois techniques et juridiques », explique l'avocate Garance Mathias. Il lui faudra maîtriser le droit communautaire sur le bout des doigts, car les amendes seront salées : jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial en cas de manquement grave.

Sébastien Dumoulin