Tendance du secteur

L’économie collaborative stimule l’innovation

L’innovation constitue un atout compétitif majeur, qui se démocratise grâce aux outils collaboratifs.

08/11/2017



En matière d’innovation, les entreprises françaises ont encore une belle marge de progression. A titre de comparaison, elles déposent 3 fois moins de brevets que leurs concurrentes allemandes : 17 000 par an, contre 60 000 Outre-Rhin. Ce qui place la France au 14e rang mondial sur ce terrain. En cause notamment : un processus créatif souvent trop vertical et cloisonné. La plupart du temps, l’innovation reste une affaire de spécialistes, dévolue aux ingénieurs et chercheurs travaillant au sein des départements de R&D.

Un gisement à exploiter

Il y a pourtant, dans les entreprises, un gisement d’idées et de créativité à exploiter. Ce potentiel d’innovation, ce sont les salariés qui le détiennent. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils sont plus motivées pour le partager et le valoriser qu’on ne le pense. Ils sont même nombreux à vouloir être associés au processus d’innovation. D’après une étude de l’association Innov’Acteurs, près des deux tiers d’entre eux partagent cette envie et se disent prêts à proposer de nouvelles idées pour rendre leur entreprise plus performante.
Pourquoi, dans ces conditions, ne pas leur donner la parole ? D’autant que les outils digitaux collaboratifs, dont l’usage est désormais largement répandu, permettent d’associer toutes les composantes de l’entreprise au processus d’innovation.

Fab labs et coworking

En pratique, il existe de multiples moyens d’associer les collaborateurs à la démarche. Certaines entreprises misent sur l’innovation collaborative, d’autres favorisent l’émulation créative via le « coworking », mettent en place des « fab labs », ou organisent des « hackathons ». Chez Michelin, on a nommé sur les différents sites du groupe 40 animateurs pour mettre en place des ateliers de travail centrés autour de l’innovation participative. Au sein du groupe chimique Solvay, la direction a institué des correspondants innovation terrain pour stimuler la créativité des équipes. De son côté, le groupe Renault a mis sur pied un « fab lab » - sorte d’atelier expérimental équipé d’outillage et d’imprimantes 3D - dans lequel les collaborateurs créatifs expérimentent la viabilité de leurs idées.

Un frein à lever

Nul doute que ce genre de pratique va se développer. Les entreprises ont tout à y gagner. Mais, pour cela, il va falloir mettre en place un environnement propice à ce fructueux partage d’idées. L’une des priorités sera de vaincre les réticences des salariés qui, par crainte des réactions de leur hiérarchie ou par manque de confiance, ne s’autorisent pas à y participer. De ce point de vue, les managers doivent rappeler que « l’innovation participative est un processus horizontal et non hiérarchique, au sein duquel les salariés doivent se sentir sur un pied d’égalité et en confiance avec leur hiérarchie », insiste l’association Innov’Acteurs.