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Bâtiment : la révolution du smart building est en marche

Les bâtiments consomment trop d’énergie. En les équipant de capteurs de données, reliés à des centrales de traitement et d’analyse, il est possible de les rendre beaucoup plus économes.

30/10/2017

Les bâtiments consomment trop d’énergie. En les équipant de capteurs de données, reliés à des centrales de traitement et d’analyse, il est possible de les rendre beaucoup plus économes.

Le logement est un véritable gouffre énergétique. En 2011, le secteur du bâtiment résidentiel-tertiaire a absorbé 44 % du total de la consommation d’énergie française, selon l’Ademe, contre 32 % pour les transports et 21 % pour l’industrie.
Réchauffement climatique oblige, les pouvoirs publics prennent des mesures pour réduire cette empreinte énergétique. Notamment en renforçant drastiquement les normes de construction des bâtiments neufs. Désormais, les matériaux, équipements et standards techniques utilisés, permettent de réaliser des logements, bureaux et ouvrages publics beaucoup moins gourmands en énergie.
C’est un progrès important, mais pas suffisant. D’où la nécessité de défricher d’autres pistes. Celle des smart buildings, ou bâtiments intelligents, semble aujourd’hui promise à un bel avenir.

Capteurs intelligents

Le principe des smart buildings repose sur l’utilisation de capteurs et de solutions communicantes, permettant d’adapter, de manière autonome, le fonctionnement d’un bâtiment aux besoins de ses occupants. Concrètement, des capteurs enregistrent des données telles que la présence de personnes au sein des pièces ou l’évolution des conditions météorologiques, pour réguler la température, gérer l’éclairage ou encore moduler la ventilation.
Dans le Rhône, une école a été conçue sur ce principe. Elle dispose d’un système qui pilote le chauffage et l’aération des classes selon les saisons et la qualité de l’air intérieur. Ce dispositif gère également les stores occultants en fonction de l’ensoleillement. A Dijon, un immeuble de bureaux, le « 255 », s’inspire du même principe. Son propriétaire prévoit de rentabiliser rapidement son investissement. L’économie prévue se chiffrerait à 42 000 € par an, pour un investissement initial de 50 000 € dans l’outil pilotant le dispositif.

Un marché de masse

Derrière ces projets pilote, le marché qui se profile à l’horizon est de taille. Et pour cause : les pressions réglementaires et le coût élevé de l’énergie vont pousser à construire des bâtiments toujours plus économes. Mais aussi à améliorer l’efficacité énergétique du parc existant. En France, plus de 700 millions de m² de bâtiments tertiaires seraient concernés par la révolution du bâtiment intelligent, selon un rapport de Smart Buildings Alliance, le groupement qui fédère les organisations professionnelles du secteur.
D’autant que les progrès technologiques ouvrent de nouvelles perspectives. Pendant longtemps, la problématique du bâtiment intelligent s’est limitée à une approche cloisonnée, limitée à l’optimisation d’un lot donné. Aujourd’hui, l’approche est beaucoup plus complète, puisqu’elle intègre les interactions des différents lots d’un bâtiment entre-eux, voire de plusieurs bâtiments entre-eux. Ce qui nécessite un maillage d’interconnexions complexe, mais renforce considérablement le champ des possibilités. La GTC (gestion technique centralisée) laisse aujourd’hui place à la GAB (gestion active du bâtiment).

Une nécessaire harmonisation

Toutefois, ces évolutions ne sont pas acquises. En effet, l’essor du bâtiment intelligent est conditionné à l’utilisation de standards de communication communs, d’une part entre bâtiments, mais aussi entre bâtiments et réseaux de fourniture d’énergie. « Cela suppose une standardisation des produits, interfaces, compteurs, capteurs, logiciels… », souligne Smart Buildings Alliance. Or, la multitude des acteurs concernés - promoteurs, constructeurs, propriétaires, occupants - rend cette harmonisation complexe. La filière du bâtiment va devoir s’organiser et se structurer en conséquence.