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L’hôtellerie à l’heure du « smart building »

Comme d’autres secteurs, l’hôtellerie opte de plus en plus, pour des rénovations ou des constructions, pour le smart building.

27/10/2017

L’inanimé peut-il être intelligent ? Cela pourrait être un sujet de philosophie au baccalauréat, mais les architectes, eux, ne se posent même plus la question : pour eux, la réponse est
« oui ». Il faut dire que le smart building, littéralement le bâtiment intelligent, a la cote.
En particulier pour l’hôtellerie : de plus en plus de constructions et de rénovations, dans ce domaine, s’accomplissent aujourd’hui en obéissant aux usages induits par cette nouvelle façon de faire. Le smart building, c’est d’abord la gestion technique centralisée (GTC) des bâtiments. Des informations venues d’un peu partout (accès, fenêtres, radiateurs, etc.) remontent vers un poste de contrôle centralisé. Mais cela va plus loin ; désormais, ce que l’on appelle la gestion technique du bâtiment (GTB) permet à celui-ci de prendre seul les décisions qui s’imposent, sans forcément avoir besoin d’une intervention humaine.

« Nous avons choisi de ne pas nous limiter à la GTC mais d’opter pour la GTB », explique Élise Lop, responsable technique du RockyPop Hôtel. Ce complexe hôtelier de 148 chambres, doté d’un espace business de 270 M2, ouvrira ses portes en décembre prochain aux Houches, près de Chamonix.

« Prioriser la distribution d’énergie »

« Dès le départ, nous avons réfléchi à la meilleure manière de consommer le moins possible, dans un souci de réduire notre empreinte énergétique, donc de faire des économies.
Nous avons donc opté pour la GTB, c’est-à-dire qu’il y a ce que nous appelons une interface de délestage. Nous avons des capteurs partout — sur les menuiseries extérieures, les feuillures, etc. — et, par exemple, dès qu’une fenêtre est ouverte l’été, la climatisation est automatiquement coupée dans la chambre concernée.
C’est vraiment cela qui fait la différence, l’interface va prioriser la distribution d’énergie en fonction de son utilité.

Autre exemple, comme nous sommes à la montagne, nous avons partout des cordons chauffants, qui permettent de maintenir partout une température homogène. L’interface va décider de microcoupures ici ou là, qui n’affecteront en rien la chaleur mais permettront de faire de substantielles économies » , estime Elise Lop. Naturellement, opter pour un bâtiment intelligent a un coût, même s’il est amorti plus ou moins rapidement selon les projets.

« C’est plus complexe, dans la mesure où il faut prendre en compte cette contrainte très en amont du projet, avec un bureau d’études, en faisant travailler des entreprises qui ont un savoir-faire dans le smart building, et qui auront à intervenir davantage que sur des bâtiments “classiques” », reprend Élise Lop.

« Mais il suffit d’avoir une vision cohérente, à moyen terme, pour comprendre que c’est un investissement rentable. » Certains vont encore plus loin, l’approche du smart building permettant même de construire des bâtiments à énergie positive, produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Un calcul payant, donc, et un message fort envoyé à une clientèle de plus en plus soucieuse de l’impact énergétique dans sa consommation.

« Ce n'est pas notre premier argument, et nous ne détaillons pas forcément tous nos efforts en la matière, parce que dire que nous faisons des microcoupures pourrait faire peur », poursuit Elise Lop.

« Mais nous mettons évidemment en avant le fait que notre bâtiment soit éco-responsable ». Une qualité importante aux yeux des touristes français, comme le montre une étude du cabinet ID Tourism, menée en 2013. Pas moins de 56% d'entre eux sont prêts à payer plus cher pour une destination respectueuse de l'environnement...