Test Labo du Samsung QE55Q9FN : le QLED au meilleur de sa forme


  • Test publié le : 06 juin 2018
Samsung QE55Q9FN

Chapeautant la gamme QLED 2018 de Samsung, le Q9FN se veut une alternative à la technologie OLED. Et si la promesse est bel et bien, et même largement tenue dans certains domaines (noirs vraiment profonds, taux de contraste et luminosité stratosphériques), le QE55Q9FN se laisse distancer avec une colorimétrie en retrait. Pour le reste il s’agit d’un modèle extrêmement séduisant et pratique, plus encore que la version précédente. Outre des bords fins, il profite désormais d’un seul et unique câble qui permet de faire transiter image, son et courant électrique pour une installation aisée sur un mur, surtout à l’aide de son support... hélas optionnel. Autre nouveauté bien sentie qui risque d’en faire craquer plus d’un(e), le mode Ambiant donne une nouvelle dimension au téléviseur : il n’est plus un gros rectangle inerte qui trône dans le salon. Un choix intéressant malgré des imperfections.

Samsung renouvelle sa gamme QLED avec quelques nouveautés bien trouvées dont profite pleinement le Q9F. Concurrent direct de l'OLED, a-t-il les moyens de ses ambitions ? Réponse ci-dessous.

L'ergonomie et le design

Au sommet de la gamme QLED de Samsung, le Q9FN se décline dans trois tailles d’écran, à savoir 55, 65 et 75 pouces. Le design ne change pas et repose toujours sur quatre bords extrêmement fins et un pied raffiné qui impose néanmoins d’éloigner le téléviseur du mur. Notez que le design de ce dernier est différent de celui qui est commercialisé outre-Atlantique, et autrement plus séduisant.

Samsung QE55Q9FN

Le pied peut être posé sur un meuble de taille modeste et ses arêtes très droites autorisent même l’installation d’une barre son devant le Q9FN, à condition que celle-ci ne soit pas trop épaisse. Comme certains modèles QLED de l’année dernière, cette nouvelle cuvée 2018 bénéficie d’un unique câble optique de cinq mètres (15 mètres en option) qui permet de faire transiter image et son afin de faciliter l’installation du téléviseur sans même faire de tranchée dans votre mur.

Samsung QE55Q9FN

En bonus cette année, ce même câble peut désormais aussi alimenter le téléviseur. Un excellent point qui se traduit néanmoins par de l’embonpoint du boîtier One Connect. Il faudra le ranger dans un meuble sous le téléviseur.

Samsung QE55Q9FN

En effet, il faut bien intégrer l’alimentation et cette épaisseur supplémentaire est finalement un moindre mal une fois le Q9FN accroché au mur. Comme la gamme 2017 de Samsung, ce nouveau QLED ne manque de rien. Sa connectique comprend quatre entrées HDMI 2.0a compatibles HDR10, HDR10+ et une compatible ARC, trois ports USB dont un 3.0, une sortie audio optique et un port Ethernet Gigabit, sans oublier le port CI+.

Samsung QE55Q9FN

Samsung QE55Q9FN

Samsung propose également un support très bien pensé dont l’installation est vraiment aisée, et qui permet de modifier l’inclinaison du téléviseur. Vous pourrez encore et surtout le redresser si vous vous êtes légèrement raté au moment de percer les trous dans votre salon. De plus, ce support permet de littéralement coller le Q9FN au mur, sur le modèle du Frame. Quel dommage que celui-ci ne soit disponible qu’en option.

Samsung QE55Q9FN

Autre innovation de 2018, le mode Ambiant permet de totalement intégrer le téléviseur dans votre intérieur, plus encore que le The Frame qui nous avait déjà séduits avec l’affichage d’œuvres d’art et un design de véritable tableau. Éteint, le Q9FN peut non seulement afficher des informations à l’instar du mode « Always On » des smartphones de la marque, mais aussi de totalement se fondre dans le décor. Pour ce faire il suffit de le prendre en photo dans son environnement et le téléviseur se retrouve alors totalement camouflé. Le mode Infos permet d’afficher la météo et la température extérieure, tandis que le mode Photo va piocher dans votre smartphone pour afficher la galerie de votre choix.

Samsung QE55Q9FN

Le reste des nouveautés de cette nouvelle gamme concerne le système d’exploitation Tizen qui évolue en douceur. Si l’interface ne change pas et reste l’une de nos préférées, à la fois intuitive et pratique, elle facilite encore plus la vie des utilisateurs. En effet, la configuration peut désormais passer par le smartphone afin de littéralement dupliquer les applications que vous utilisez le plus souvent. Vous n’aurez donc plus besoin de saisir vos identifiants et mots de passe, ce qui est très pratique pour qui utilise différentes applications telles que Netflix ou Molotov, par exemple.

D’autre part, Samsung met le paquet sur les objets connectés et veut mettre le téléviseur, qui trône au centre du salon, au cœur même de cet écosystème. Pour ce faire Tizen propose SmartThings, une application disponible à la fois sur le mobile et sur le téléviseur afin de contrôler vos objets connectés compatibles, qu’il s’agisse d’une caméra de vidéosurveillance dont l’image pourra s’afficher en plein écran, d’ampoules et même d’une machine à laver ou d’un climatiseur. Samsung annonce une large compatibilité avec déjà de nombreux objets connectés déjà commercialisés. Enfin, certains peuvent même afficher des notifications, à l’instar de ce qui se fait sur smartphone.

Samsung QE55Q9FN

La télécommande ne change pas. Toujours en aluminium brossé, elle est simplifiée et permet de piloter aisément le téléviseur, mais également d’autres appareils (platine Blu-ray, Apple TV 4K, etc.). La commande vocale est accessible directement via le micro intégré à la télécommande. Celle-ci fonctionne très bien et le téléviseur propose même un système d’audio-description dans tous les menus et les sous-menus.

Samsung QE65Q7F

Suivant la tendance actuelle qui veut qu’on intègre un assistant vocal un peu partout, Samsung propose enfin sa solution Bixby qui équipe déjà les derniers smartphones Galaxy et Note. Néanmoins, celui-ci ne s’exprime encore qu’en anglais, en coréen et en mandarin. Le français est bel et bien prévu et devrait arriver à la fin de l’année.

Samsung QE55Q9FN

Les contrastes

Le Q9FN bénéficie de la technologie Direct LED que Samsung a rebaptisée Direct Full Array Elite. Annoncé avec un PQI (indice de fluidité) de 3700, soit le maximum de la gamme QLED, il est présenté par le constructeur comme une alternative à l’OLED en termes de qualité d’image, avec une longévité plus importante grâce à l’utilisation de matériaux inorganiques. Le nouveau processeur vidéo Q Mastering Engine est censé améliorer la prévision et la fluidité des images et le téléviseur est désormais compatible avec les technologies G-Sync et FreeSync, ce qui intéressera tout particulièrement les gamers. Enfin, si la compatibilité est assurée avec les formats HDR10 et HDR10+, le Dolby Vision se fait toujours désirer.

Au Labo, nous avons soumis le Samsung QE55Q9FN à nos tests d’homogénéité et de zonage à l’aide d’une mire à damier, le tout afin d’évaluer le contraste. Comme pour la génération précédente, ce QLED « envoie la sauce » avec une luminosité de 544 cd/m2 au centre de la dalle. Et les noirs sont tout aussi impressionnants, avec une valeur relevée de 0,028 cd/m2. Elle est d’ailleurs plus élevée que celle du  QE65Q8C que nous avions testé l’an dernier, par exemple. Certes, l’OLED fait encore mieux dans le noir (voir le test du Sony KD-55AF8), mais avec une luminosité moitié moindre.

Les fuites de lumière sont parfaitement bien gérées avec des valeurs de 0,002 cd/m2 relevées à gauche et à droite de la boîte noire, de 0,008 cd/m2 au-dessus et de 0,007 cd/m2 en dessous. Pour finir, le zonage est là aussi excellent, avec un rapport mesuré du noir sur blanc de 19 429 qui écrase littéralement les modèles LED Edge. En clair, le QE55Q9FN affiche un taux de contraste exceptionnel à classer parmi les meilleurs téléviseurs du moment, toutes technologies confondues. Promesse tenue sur ce point.

Contraste

Homogénéité Zonage
10 8

La progressivité

Pour le test de progressivité, nous nous intéressons d’abord à la courbe de gamma du téléviseur. La courbe affiche une progression linéaire dans les gris. Celle-ci est légèrement en dessous de la référence tout en collant parfaitement aux valeurs attendues dans les fortes lumières. Le téléviseur pousse même jusqu’à 521 cd/m2 en haut de progression.

La deuxième partie du test de progressivité consiste en des mesures de directivité. Pour ce faire, nous avons recours à cinq zones d’observation avec un angle qui varie de 45 degrés afin de simuler les différentes positions d’observation du téléviseur (en face, à droite et à gauche). Comme on l’a vu plus haut, la luminosité mesurée au centre de l’image est de 544 cd/m2. Celle-ci baisse de plus de 50 % sur les bords, avec une valeur relevée de 198 cd/m2 à gauche et 200 cd/m2 à droite. La technologie cède ici du terrain à l’OLED et impose d’être au plus près de l’axe pour profiter d’un rendu optimal.

Progressivité

Gamma Directivité
8.5 6.5

La directivité

Le test de directivité a pour but d’évaluer la dérive des couleurs en fonction du point d’observation. La luminosité est donc réglée sur la valeur maximale pendant toute la durée du test et le balayage est réalisé sur plusieurs points avec des positions d’observation différentes.

Nous avons relevé un niveau de noir de 0,028 cd/m2 au centre de l’image, de 0,062 cd/m2 à gauche et de 0,047 cd/m2 à droite. Le contraste qui rappelons le correspond au rapport du blanc sur le noir est de 19 429 dans l’axe, de 3 194 à gauche et de 4 255 à droite.

La perte de contraste est donc conséquence sur les côtés. Une fois de plus, il est recommandé de préférer une position dans l’axe du téléviseur pour profiter de la meilleure qualité d’image possible.

Directivité

Delta noir Delta couleurs
9 4

La colorimétrie

On se souvient que la gamme 2018 des téléviseurs QLED offrait un excellent rendu des couleurs, et on n’en attendait pas moins de la nouvelle génération. Sur son site Samsung précise que Q Colour permet d’afficher plus d’un milliard de couleurs les plus réalistes, précises et vibrantes. Pourtant, le QE55Q9FN déçoit dans ce domaine et obtient une note bien inférieure.

La faute à un espace colorimétrique bien plus étroit que les meilleurs téléviseurs et qui couvre à peine les valeurs de référence comme on peut le voir ci-dessous. De plus, le bleu affiche un léger décalage et au final, seul le rouge tire son épingle du jeu.

Couleurs

Richesse Dérive
3.8 4

L'uniformité

Pour finir, nous évaluons l’uniformité du Samsung QE55Q9FN à partir des écarts de luminance et de chrominance. L’écart d’uniformité de luminance est contenu à 22 %. En divisant la surface de la dalle en 35 zones, nous avons pu relever un niveau de blanc maximum de 500 cd/m2 en plein centre de l’image et un minimum de 389 cd/m2 en haut à droite et 392 cd/m2 en bas à droite.

Des valeurs qui sont toutefois tellement élevées qu’on aura bien du mal à percevoir ces variations. À l’inverse l’écart de chrominance est lui plus marqué à 0,0125. Au final, on touche probablement ici au principal point faible de ce téléviseur, l’uniformité n’étant pas son fort.

Uniformité

Luminance Chrominance
9 2

Conclusion

Chapeautant la gamme QLED 2018 de Samsung, le Q9FN se veut une alternative à la technologie OLED. Et si la promesse est bel et bien, et même largement tenue dans certains domaines (noirs vraiment profonds, taux de contraste et luminosité stratosphériques), le QE55Q9FN se laisse distancer avec une colorimétrie en retrait. Pour le reste il s’agit d’un modèle extrêmement séduisant et pratique, plus encore que la version précédente. Outre des bords fins, il profite désormais d’un seul et unique câble qui permet de faire transiter image, son et courant électrique pour une installation aisée sur un mur, surtout à l’aide de son support... hélas optionnel. Autre nouveauté bien sentie qui risque d’en faire craquer plus d’un(e), le mode Ambiant donne une nouvelle dimension au téléviseur : il n’est plus un gros rectangle inerte qui trône dans le salon. Un choix intéressant malgré des imperfections.