Actualités

Big data, buzz ou révolution ?

Une explication précise du terme Big data et les bénéfices suite à son exploitation.

30/10/2017

Terme très à la mode, le big data revêt aussi une importance capitale pour les entreprises.

Big data ; si un terme paraît symboliser la transition numérique que vivent aujourd’hui les entreprises, c’est bien celui-là. Administrations, TPE, grands comptes, responsables d’entreprises et DSI n’ont presque plus que ces deux mots à la bouche. « Comme pour tout nouveau marché, ou toute évolution technologique, il faut un terme qui les représente, d’une certaine manière. Big data remplit cette fonction-là, même si les gens ne savent pas toujours ce qu’ils désignent ainsi », estime Romain Picard, directeur de la zone Europe-Moyen-Orient-Asie (EMEA) chez Cloudera, spécialiste du développement de logiciels fondés sur Apache Hadoop, permettant l’exploitation de big data. « Il faut donc, lorsqu’on évoque ce sujet pour la première fois avec un entrepreneur, “débroussailler” un peu, sortir du mot qui fait le buzz pour remettre les choses dans leur contexte ».

« Une véritable révolution »

Car au-delà de l’aspect emblématique, le big data recouvre surtout une réalité susceptible de bouleverser le fonctionnement des entreprises. « C’est une véritable révolution dans de nombreux domaines », explique Monique Large, spécialiste des tendances émergentes et fondatrice de Pollen Consulting. « Dans mon secteur, par exemple, quand on cherche à anticiper les évolutions sociétales ou de comportements, on se fonde sur un certain nombre de données que l’on analyse, que l’on décrypte. Avec le big data, ces données sont multipliées de manière exponentielle, et les stocker, les traiter, les compiler, les analyser, est de plus en plus simple et de moins en moins couteux. »

Bien utilisé, le big data peut changer profondément le rapport qu’une marque entretient avec ses clients, ou avec ses prospects. « L’entreprise va être plus rentable, plus réactive et mieux les cibler grâce à l’exploitation de ces données », assure Monique Large. « Cela veut dire que le client, en BtoB comme en BtoC, va recevoir moins de sollicitations, mais mieux ciblées, dont plus pertinentes ».

« Gagner là où on ne l’attend pas »

« L’entreprise qui va être capable d’utiliser des données privées sans empiéter sur la vie privée de ses usagers va être gagnante », ajoute Romain Picard. « Parce qu’elle va être capable d’aller gagner des parts de marché là où on ne l’attend pas, et où elle-même ne savait pas forcément où elle pouvait aller. Je vais prendre un exemple concret : Tesla, le constructeur de véhicules électriques reconnu comme l’un des leaders de l’utilisation efficace du big data, est allé chercher des prospects en jouant sur ce qu’ils aiment trouver dans une automobile. Résultat : aujourd’hui, 60 % des utilisateurs de Tesla sont de nouveaux clients, autrefois fidèles à de grandes marques de voitures de luxe, souvent sportives, bruyantes et chères. Tesla les a sensibilisés sur les points importants à leurs yeux, et pas uniquement sur les points forts de ses produits. »

Cette manière d’inverser la logique de vente, d’une certaine manière, en remettant le client au cœur de la relation, et non plus le produit, est l’un des avantages majeurs permis par le big data. « Or les sociétés qui font vraiment du big data ne sont pas si nombreuses, constate Monique Large. Pour la plupart, elles n’ont pas encore pris conscience du réel apport de cette technologie. Pourtant, certaines entreprises, dans la grande distribution par exemple, disposent déjà d’une base de données énorme. Il leur resterait simplement à l’exploiter pour avoir une valeur ajoutée conséquente ! » « Il n’est jamais trop tard pour prendre le train du big data, mais il faut commencer à s’y mettre sérieusement si ce n’est pas encore fait », prévient Romain Picard. « Il est nécessaire de prendre conscience du fait que le monde change, pas forcément en mieux ni en moins bien, mais qu’il change et que la donnée sera de plus en plus importante. Comment lui donner un sens ? Comment lui conférer de la valeur, pas seulement monétisable, d’ailleurs, puisque le big data sera aussi précieux dans le domaine de la santé ou de la ville connectée par exemple ? C’est à ces questions qu’il faut répondre pour que le big data soit, pour son entreprise, une révolution durable et non un simple “buzzword” du moment. »