Steve McCurry : la fille afghane et l'impact d'une photo

Par Samsung Belgique 21.09.2017

Steve McCurry

Le photographe Steve McCurry, mondialement célèbre pour sa photo d'une jeune fille afghane aux yeux verts, présente - pour la première fois aux Pays-Bas - une rétrospective complète de son œuvre. Cette photo a son histoire. La femme a été retrouvée, grâce à une innovation technique spéciale. Discover a appelé Steve McCurry à New York pour évoquer son travail.

Steve McCurry immortalise les changements que traverse notre monde. Il prend des photos très lumineuses qui se distinguent par leur beauté et leur intensité. McCurry capte mieux que personne les couleurs locales et la lumière des scènes qu'il rencontre en voyage. Mais il brille aussi par son approche personnelle des gens. « C'est quelque chose d'inconscient » , explique-t-il. « Je ne m'en préoccupe pas vraiment pendant que je photographie. Je crois que c'est plutôt lié à ma façon d'aborder les gens dans la rue. » Il a appris à regarder, à attendre le bon moment : « Patientez un peu. Les sujets vont vite oublier l'appareil photo et révéler leur âme. » La rétrospective « Photographs from the East » est la première exposition complète de l'œuvre du photographe aux Pays-Bas.

Steve McCurry et son amour de l'Asie

Steve McCurry

Festival Holi, Rajasthan, Inde, 1996© Photo : Steve McCurry / Magnum Photos

À Helmond, le public peut admirer 138 photos couleur en grand format prises entre 1979 et 2015. Les clichés proviennent tous du continent préféré de McCurry, l'Asie. Le photographe se passionne pour cette partie du monde depuis la première fois qu'il y est allé. Il est fasciné par la manière dont la vie quotidienne et l'expérience religieuse colorent littéralement tout l'espace public. « L'Asie est pleine de contrastes et d'extrêmes. On y trouve à la fois des lieux authentiques et des témoins de la plus grande modernité. Une extrême pauvreté côtoie une richesse indécente. L'Asie est très différente du monde dans lequel j'ai grandi. Tout de suite, j'ai trouvé formidable de me plonger dans ces différences : différences de langues, de religions, de coutumes, d'architecture et de musique. J'ai beaucoup appris. Cela m'a forcé à sortir de ma zone de confort » , relate McCurry. Il a voyagé en Afghanistan, en Inde, au Cachemire, au Sri Lanka, en Indonésie, en Birmanie / Myanmar, au Bangladesh, au Cambodge, au Tibet et au Vietnam. La plupart des photos exposées proviennent de l'Inde et de l'Afghanistan.

Découvrir le monde à travers la photographie

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Pèlerin au stupa, Amdo, Tibet, 2001© Photo : Steve McCurry / Magnum Photos

Le photographe adore voyager. C'est ce qui a fait de lui un des représentants les plus en vue de son art. Il faut y ajouter de l'audace, ainsi que le sens de la composition et de la lumière naturelle. McCurry décèle aussi une beauté lyrique inhabituelle dans son sujet. Le voyage est la meilleure façon d'exploiter son temps, estime-t-il. « C'est un privilège que de pouvoir voyager et voir le monde. Le voyage est l'activité la plus importante dans ma vie. Faire de nouvelles expériences, voir d'autres endroits, rencontrer des gens, c'est tellement enrichissant. » Est-ce pour cela qu'il s'est mis à la photographie ? « L'art m'intéressait, et je voulais devenir cinéaste. Finalement, j'ai choisi la photographie, qui me laissait plus de liberté. On peut travailler plus vite, sans matériel encombrant, on dépend moins des autres, et la photo est plus spontanée que le cinéma. En effet, c'est ce qui m'a permis de découvrir le monde et de partir à l'aventure.

Quand la photo raconte une histoire

steve mccurry

Steve McCurry est un raconteur d'histoires. Dans ses photos, il nous parle des cultures en train de disparaître et d'une mondialisation qui progresse à marche forcée. « Je veux que mes photos racontent une histoire, qu'elles parlent de quelque chose, qu'elles vous emmènent quelque part. Nous avons tous tendance, je crois, à communiquer nos sentiments et à partager ce qui nous arrive dans notre vie. » Que souhaite-t-il dire par l'entremise de ses photos ? « Il y a beaucoup d'injustice dans le monde. Certains vivent dans la surabondance. Ils ont tout ce qu'il faut et même plus, nourriture, vêtements, abri. Quant aux autres, ils n'ont rien de tout cela. La photographie peut sensibiliser à ces inégalités en illustrant ce que l'on peut voir dans le monde. La photo nous incite à réfléchir et, espérons-le, à parler. »

Steve McCurry : « J'espère que mes photos montrent que nous sommes tous liés les uns aux autres »

Steve McCurry

Quand on regarde les portraits de McCurry, on se sent souvent en relation avec les personnes photographiées. Comment cela se fait-il ? « L'humanité s'est égarée. Nous ne voyons plus que les différences : autre religion, autre race, autre orientation sexuelle… alors qu'en fin de compte, nous avons au contraire bien plus de ressemblances, de choses en commun. Nous sommes liés, ne serait-ce que parce que nous vivons ensemble sur cette petite planète. J'espère que mes photos en témoignent, pour que nous puissions mieux nous comprendre. Je suis sûr que chacun à sa manière peut faire une petite différence. Et toutes ces petites différences s'additionneront pour en faire une grande. »

La fille afghane de Steve McCurry

La fille afghane de Steve McCurry

La fille afghane, Pakistan, 1979© Photo : Steve McCurry / Magnum Photos

Le photographe se fait connaître en 1979. Déguisé en moudjahidine (combattant islamique), il sort de l'Afghanistan sous occupation ses premiers rouleaux de pellicule. Cinq ans plus tard, il ramène d'un camp de réfugiés au Pakistan son cliché le plus fameux, la photo de la fille afghane . Une photo très particulière, car à l'époque, il était presque impossible de photographier les femmes afghanes. Les yeux d'un vert intense ont fait le tour de la planète en 1985, sur la couverture du National Geographic . L'image symbolisait toutes les souffrances de la guerre d'Afghanistan. Les flux de réfugiés ne s'étant pas taris, l'icône photographique garde toute son actualité.

À la recherche de la fille afghane avec un scanner d'iris

Steve McCurry

Steve McCurry entre ses deux portraits de la fille afghane. Photo : ANP

Par la suite, le National Geographic a produit un documentaire, Search for the Afghan Girl, dans l'espoir de retrouver la fille et de savoir ce qu'elle était devenue. Pour les besoins du film, Steve McCurry est reparti en quête de son modèle. Au terme d'une série d'échecs, enfin, il l'a retrouvée, 17 ans après le cliché original. En 2001, suite à la chute du régime des talibans, le pays était à nouveau accessible. L'équipe du National Geographic est arrivée dans le village où semblait habiter la femme, mais il y avait plusieurs prétendantes. Elle n'a pas été facile à reconnaître : à cause des difficultés de la guerre, elle avait beaucoup changé, marquée par les soucis et le chagrin. En 2002, Sharbat Gula était identifiée comme la seule vraie « Afghan Girl » grâce au scannage de son iris.

L'impact d'une photo

Afghan Girl

McCurry a refait son portrait. Pour le compte du National Geographic, le Dr John Daugman, inventeur du système de reconnaissance d'iris, a examiné les photos. Conclusion : c'était bien elle, sans erreur possible. Steve McCurry explique à Discover qu'il n'a pas participé lui-même à cette procédure technique. Le documentaire nous apprend que la femme se souvient très bien du moment de la photo. C'était la première et la dernière fois de sa vie qu'on la photographiait. À l'âge de 18 ans, elle a perdu ses parents quand des hélicoptères de combat russes ont attaqué son village. Elle a fui avec sa grand-mère et d'autres personnes pour gagner le Pakistan à pied. Mariée jeune, elle a eu quatre enfants, dont un n'a pas survécu. Le National Geographic a créé l'Afghan Girls Fund, dont la vocation est d'aider les filles et les femmes d'Afghanistan à accéder à l'enseignement. Tel est l'impact que peut avoir une photo.

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